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JO 2020 – Finales : Un podium indécis

Charlotte Vincelot

La fin des Jeux approche, et place désormais aux matchs qui offrent les médailles. Avec une assurance, celle d'un nouveau champion olympique, ni la Suède ni le Canada n'ayant remporté la compétition par le passé. L'Australie et les Etats-Unis se disputeront la médaille de bronze.

Finale pour la médaille de bronze : Australie - Etats-Unis (jeudi 10h00)
L'enjeu de la rencontre ? Une médaille olympique, bien sûr, mais également une première médaille et un premier podium dans une grande compétition internationale pour l'Australie, et le dernier métal qui manque à son palmarès pour les Etats-Unis qui ont déjà remporté la compétition à quatre reprises et obtenu la médaille d'argent en 2000.

Les deux équipes se sont rencontrées en phase de groupes et la rencontre avait accouché du match le plus ennuyeux de la compétition, aucune des deux équipes ne cherchant vraiment à gagner alors qu'un match nul leur convenait. Cette fois-ci, la rencontre a un véritable enjeu, et il va falloir jouer.
Le match pour la médaille de bronze est un match un peu à part. Il faut avoir digéré l'élimination en demi-finale et être à 100% concentré sur ce dernier match, ce qui n'est pas toujours aisé. Il ne fait aucun doute cependant que l'Australie, qui a déjà réalisé le meilleur parcours de son histoire, a su rapidement oublier sa défaite face à la Suède lundi et sera motivée pour remporter la médaille. Les joueuses des Etats-Unis auront-elles la même motivation après une décevante élimination en demi-finale par le voisin canadien ? L'équipe étant composée en majorité de joueuses multi-titrées et médaillées habituées à gagner, on peut effectivement penser qu'elles auront à cœur de terminer la compétition sur une bonne note, mais la dynamique semble pencher légèrement en faveur de l'Australie de ce côté-là.

Le bronze, seul métal que les USA n'ont pas décroché aux JO
Ni l'Australie ni les Etats-Unis n'ont fait grande impression depuis début de la compétition avec un bilan comparable. Une victoire et une défaite respectivement contre la Nouvelle-Zélande et la Suède, une qualification obtenue après un match à rallonge en quart de finale, et une élimination sur une courte défaite en demi-finale. Leur match le plus intéressant fut peut-être le quart de finale. Face à la Grande-Bretagne, un but de Sam Kerr à la 89e minute pour arracher la prolongation a offert un nouveau souffle à une équipe qui se dirigeait vers une défaite logique, avant d'offrir une belle résistance à la Suède en demi-finale dans la foulée. Les Etats-Unis avaient l'occasion de lancer leur tournoi en éliminant de justesse les Pays-Bas dans le remake de la finale de la dernière Coupe du monde, mais le piège canadien a fonctionné, une revanche après la demi-finale de 2012. Les Etats-Unis n'ont que trop rarement réussi à apporter le danger sur le but canadien tandis que l'Australie n'a pas su convertir face à la Suède.

Entre deux équipes qui se connaissent parfaitement puisqu'au-delà des joueuses, le nouveau sélectionneur suédois de l'Australie fut longtemps l'assistant des sélectionneuses des Etats-Unis (Pia Sundhage puis Jill Ellis), le match pourra être aussi bien fermé que spectaculaire et cela dépendra avant tout de la performance défensive de l'Australie. Du côté américain, qui jouera sans sa gardienne Alyssa Naeher, le principal objectif sera de contenir Sam Kerr, la principale menace des Matildas, également meilleure buteuse de l'histoire de la NWSL qui peut toujours espérer récupérer un récompense individuelle si elle marque au moins un but. Du côté australien, qui sera privé de sa latérale Ellie Carpenter bêtement expulsée en demi-finale, il faudra continuer plus sur la lancée de sa performance défensive en demi-finale que celle des quarts pour avoir la moindre chance de gagner, cela même si l'attaque états-unienne n'a pas vraiment évolué à son niveau, restant muette lors de trois rencontres sur cinq disputées.

En bref
Australie : 3 victoires, dont une en prolongation, deux défaites (face à la Suède), un match nul.
Huit buts marqués (cinq pour Sam Kerr), neuf buts encaissés.

Etats-Unis : 1 victoire, 2 défaites, deux matchs nuls.
Six buts inscrits (aucune joueuse n'a marqué plus d'un but), sept buts encaissés.

Finale pour la médaille d'or : Suède - Canada (vendredi à 4h00)
Finale inédite entre deux équipes qui n'ont jamais remporté l'or olympique, mais qui étaient toutes les deux sur le podium en 2016. Le Canada va devenir la troisième équipe après les Etats-Unis et l'Allemagne à remporter une médaille lors de trois éditions consécutives, une confirmation que le Canada et les JO, c'est une histoire qui marche.

Les deux équipes se sont déjà rencontrées aux Jeux olympiques en phase de poules, en 2008 (victoire de la Suède 2-1) et en 2012 (2-2). Deux oppositions lointaines dont on ne peut tirer d'enseignements. Les deux équipes se sont en revanche affrontées pour la dernière fois en 2019, en huitièmes de finales de la Coupe du monde. La Suède l'avait emporté sur le plus petit des scores grâce à Stina Blackstenius lors d'une rencontre marquée également par un arrêt décisif d'Hedvig Lindahl sur penalty qui avait changé la dynamique de la rencontre. Il y a fort à parier que l'on devrait retrouver des ingrédients de cette opposition en finale ce vendredi. Deux blocs bien en place capables de se porter rapidement vers l'avant, et une rencontre fermée et physique.

La Suède partira favorite de la finale. Elle en a déjà disputé une, et s'est montrée plutôt séduisante depuis le début du tournoi, remportant tous ses matchs sans jamais passer par la case prolongation. Elle n'a encaissé que trois buts et en a inscrit treize, dont sept pour le duo Blackstenius (4) et Fridolina Rolfö (3). Elle a dans l'ensemble maîtrisé ses rencontres même si le Japon et l'Australie sont parvenus à la faire trembler par moments. Si elle peut se reposer à la fois sur une défense solide renforcée par un plan de jeu et une tactiques respectées et une attaque percutante, son milieu de terrain ou Filippa Angeldal a su s'imposer à côté des indéboulonnables Caroline Seger et Kosovare Asllani est la clé de son jeu.

Un nouveau champion olympique
(photo FIFA.com)
(photo FIFA.com)
En face, le Canada n'a pas le même bilan, avec seulement deux victoires au compteur. L'équipe n'a cependant pas perdu le moindre match, et n'a encaissé que trois buts également, tous en phase de groupes. Elle a su museler les attaques brésilienne et états-unienne pour se hisser en finale, ce qui reste une performance. Solide défensivement, elle est en revanche plus en difficulté en attaque. Cinq buts marqués au total, un seul sur penalty sur les deux derniers matchs. Deux rencontres au cours desquelles elle n'a cadré que trois frappes, penalty compris. Face à la Suède, elle n'aura pas vraiment le choix ; soit son attaque sera plus percutante, soit sa défense devra parvenir à contenir Rolfö et consorts, qui à l'exception de la demi-finale face à l'Australie ont toujours marqué au moins deux buts depuis le début de la compétition. Les Jeux olympiques semblent apporter un supplément d'âme à cette équipe canadienne, et si elle ne partira pas favorite, la voir remporter le titre ne saurait être une surprise.

Canada ou Suède, Suède ou Canada ? Une chose est certaine, il y a aura ce vendredi un nouveau champion olympique, le quatrième de la compétition après les Etats-Unis (sacrés à trois reprises), la Norvège et l'Allemagne.

En bref
Suède : 5 victoires
Treize buts marqués (quatre pour Stina Blackstenius), trois buts encaissés.

Canada : 2 victoires, 3 matchs nuls
Cinq buts marqués (deux pour Janine Beckie), trois buts encaissés.