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Sport - Quelle stratégie de déconfinement ?

Sebastien Duret

Le football comme d'autres sports adoptera une stratégie de déconfinement hiérarchisée et toujours sous couvert de règles sanitaires. La Ministre des Sports a évoqué les scenarii ce mercredi, et la Vice-Présidente de la FFF Brigitte Henriques s'est aussi exprimée sur Eurosport.

Une réunion de crise COVID-19 se tenait ce lundi 20 avril 2020 au Cabinet de la ministre des sports. Suite à cette réunion, la ministre des sports va désormais en lien avec le Premier Ministre étudier la stratégie de déconfinement. Mais quelle que soit la solution envisagée, la mise en place d’une doctrine sanitaire et médicale est annoncée même s'il faudra l'adapter aux types de sport, et aussi de sportifs (professionnels, sportifs de haut niveau, citoyens amateurs...). "Le sport est le seul secteur où le confinement joue sur les compétences des athlètes, des sportifs. Pour reprendre leur métier, à partir du 11 mai, plusieurs scenarii en lien avec les médecins du sport, coordonnés avec le Ministère des sports" a précisé Roxana Maracineanu, la Ministre.

Si aucune adoption officielle de cette stratégie n'est encore arrêtée, l'option envisagée serait en trois étapes dans la reprise des activités associatives et fédérales. "La reprise des entrainements pour le haut niveau se fera progressivement. Il va falloir voir quand les centres nationaux (ex : INSEP) seront à nouveau disponibles, certains ont été utilisés comme centre d'accueil, puis la réouverture de manière générale des internats, voir dans quelles échéances l'accès aux équipements sportifs, voir quel plan avec les collectivités territoriales pour la réouverture des installations...". Une reprise progressive annoncée pour le 11 mai pour le haut niveau puis une reprise des activités des associations et des fédérations pour le 15 juin 2020 avec une montée en puissance qui reste à définir à ce jour).

La D1 Arkema en attente de l'UEFA
Brigitte Henriques (photo Frédérique Grando)
Brigitte Henriques (photo Frédérique Grando)
Jeudi 16 avril dernier, le Comité Exécutif de la FFF avait pris la décision de mettre un terme à l’ensemble des compétitions de Ligues, de Districts, des championnats nationaux du National 3, du National 2, de la D2 féminine et de futsal, et des championnats nationaux de jeunes (féminins et masculins). Concernant le National 1 et la D1 Arkema, le Comité exécutif de la FFF, souhaitait un traitement harmonisé du haut niveau féminin et masculin et avait décidé de poursuivre la réflexion en faveur d’une éventuelle reprise compte tenu de la nature spécifique de ces deux compétitions. A l’heure actuelle, la possibilité de report du calendrier de ces deux compétitions à partir de juin pour permettre en effet d’envisager une reprise.

Parmi les arguments liés à cette décision, le principe de qualification pour les compétitions européennes de l’UEFA de la D1 Arkema laisse l'instance fédérale dans l'attente d'une décision définitive. Brigitte Henriques confirmait ce mercredi cette décision : "Hormis la D1 féminine ou le National, la décision a été très forte pour des raisons sanitaires, la priorité a été la lutte contre la pandémie. On ne pouvait pas tenir jusqu'au 30 juin. Concernant la D1 féminine, on attend la décision de l'UEFA si la Champions League va continuer" mais aussi les modalités de qualification en cas d'arrêt définitif des championnats car dans tous les cas de figure, la FFF a précisé qu’elle restera attentive à l’évolution des mesures sanitaires et que les principes de précaution pour les clubs et de santé pour les joueuses et les joueurs seront observés.

Une reprise à la rentrée ?
Derrière ces décisions qui pourraient amener à ne pas terminer la saison de D1 Arkema se profile aussi les interrogations sur la future saison car à ce jour, des scenarii très différents sont possibles. La Ministre Roxana Maracineanu n'a pas manqué de le rappeler et le football en serait fortement impacté.

"Il y a deux choses qui conditionnent la reprise : 1° La sortie des athlètes, reprendre entrainement progressivement, 2° La reprise des compétitions." Les Fédérations ont fourni au Ministère de listes des sportifs de Haut Niveau. "Il va falloir qu'au niveau de l’État et voir avec les sportifs, dans le tennis et dans d'autres sports où la distanciation parait naturel qu'ils puissent reprendre que dès que possible. Tous les scenarii sont à l'étude mais tous liés aux consignes sanitaires. Si la reprise est si possible, une reprise mi-juin pour les sports professionnels (ex : Ligue 1) est le scénario optimum, mais il y a a aussi celui en septembre voire une saison blanche" a tenu à souligner la Ministre.

"Tant que l'on n'a pas la manière dont cela va se passer, c'est difficile de supputer"
Derrière ces décisions, ce sont les garanties de sécurité des sportifs qui sont primordiales : "On attend les directives, précise Brigitte Henriques. Tant que l'on n'a pas la manière dont cela va se passer, c'est difficile de supputer. Il y a les masques, les tests, les infrastructures. On est complètement lié aux décisions". Mais derrière les décisions de reprise de la Ligue 1, le sport amateur est lié au sport professionnel. "La LFP et la FFF ont une convention dont 12% des droits TV vont au foot amateur. Quand le foot pro s'arrête, cela concerne tout le monde et pas que les footballeurs professionnels. Tout le monde doit encaisser le choc. L'ensemble des Fédérations sont très mobilisées" a souligné la Vice-Présidente de la FFF.

"Le sport ne sera pas prioritaire dans notre société"
Dans les explications, la Ministre a détaillé certaines orientations qui pourraient être prises et qui ne sont pas favorables à une reprise rapide des sports collectifs avec contact "au moins à minima jusqu'en septembre. Tous les événements seront à huis clos ou en mode dégradé" précisant notamment tant qu'il sera difficile de se rassembler, de se toucher.

"Il va falloir réinventer, penser le sport de demain, il va falloir quelles activités vont être privilégiées, voir les disciplines à privilégier et une reprise petit à petit pour les autres sports. On essaye de faire comme avant mais beaucoup de choses vont changer et ne seront plus les mêmes qu'avant. La reprise en mode dégradé, est pour l'instant le seul moyen de faire reprendre le sport. Le sport ne sera pas prioritaire dans notre société. Si en sortie, il n'y a pas assez de masques, si les tests sont réservés aux patients COVID-19, cela ne se fera pas".

"Il faudra alors reprendre sur les terrains en respectant les cahiers des charges sanitaires que l'on est en train d'édicter au niveau du Ministère. On est en train de travailler à tous les scenarii. Des dates sont préemptés dans le scénario optimum (ex Tour de France, Roland Garros) mais si ce n'est pas possible, ce ne sera pas possible. Il va falloir se réinventer autrement, si une année, on doit faire l'impasse" a tenu à insister Roxana Maracineanu.

Mais comme le sport aura tout de même son rôle à jouer, et Brigitte Henriques a tenu à positiver sur ce sujet : "L'impact sur l'éducation, il est juste incroyable. Le club, c'est le troisième d'éducation après la famille et l'école, c'est important qu'à la rentrée, les licenciés puissent rejoindre les clubs". Il en va de même pour les compétitions. Le football et sa pratique collective va devoir s'adapter. L'accueil de public dans les stades risque aussi d'être longtemps conditionné aux possibilités de se protéger et du respect des conditions sanitaires qui seront exigées.

En attendant, il faudra attendre les prochaines annonces du Premier ministre fin avril sur le plan de déconfinement pour le sport.